Au 21ème siècle, le plus grand défi pour l’être humain n’est ni environnemental, ni géopolitique, il est cognitif. Une nouvelle ère est désormais à nos portes, celle de l’assistanat de raisonnement algorithmique de masse (IA). Un déclin des capacités cérébrales est actuellement mesurable à l’échelle mondiale et ceci constitue un enjeu majeur pour tous.
Une nouvelle notion apparaît dans le domaine neurologique, celle de l’index de capital cérébral (Brain Capital Index) portée par l’Académie Européenne de Neurologie (European Academy of Neurology). Ce nouveau concept englobe deux composantes: la santé cérébrale et mentale, et les compétences cognitives; c’est-à-dire une bonne santé neurologique et structurelle, et le maintien des compétences cognitives humaines telles que l’adaptabilité, l’empathie et la résolution des problèmes complexes notamment.
Cette notion de capital cérébral constitue la base d’une infrastructure essentielle pour l’économie, spécialement à l’ère de l’IA.
Dans l’éditorial de sa revue neurologique, The Lancet explore cette idée:
“La bonne santé cérébrale signifie un fonctionnement cérébrale optimal tout au long de la vie et les compétences cérébrales couvrent, englobent, les capacités cognitives, interpersonnelles et adaptatives de haut niveau qui sont essentielles aux gens pour prospérer dans un monde qui change rapidement.”
Le Forum Économique Mondial (WEF) propose, dans un rapport publié en Janvier 2026, 5 leviers d’actions à destination des Etats et des investisseurs. Le titre de ce rapport suffit à résumer l’importance du défi cognitif actuel: “L’Avantage Humain, des Cerveaux plus forts à l’Âge de l’IA”. (“The Human Advantage: Stronger Brains in the Age of AI“)

Réseau neuronal artificiel et humain
L’ordinateur, dans sa conception complexe, a évolué vers une organisation neuronale inspirée de celle du cerveau humain, cette évolution a marqué une rupture totale avec ce que l’on connaissait et les résultats ont dépassé les prévisions des analystes et des experts du domaine, ils sont aujourd’hui individuellement autonomes. Ces réseaux de neurones artificiels sont désormais capables d’effectuer quasiment toutes les tâches dans notre société. Couplés à des instruments robotiques, ils deviennent autonomes dans le monde physique. Les perspectives sont aujourd’hui extraordinaires.
L’être humain, lui, n’a rien à envier à l’ordinateur dans sa structure intrinsèque. Il est doté d’une structure cérébrale complexe, encore mal comprise aujourd’hui; un réseau neuronal naturellement organisé en système nerveux central et systèmes nerveux périphériques. L’idée d’un cerveau central maître de la totalité du corps est dépassée, de nombreuses études et instituts ont démontré que cette vision simpliste n’était pas la réalité sous-jacente de nos mécanismes fonctionnels. De cette nouvelle compréhension, une vision globale de notre fonctionnement est à comprendre, et de ceci découle toutes les approches pluri-disciplinaires d’amélioration, de soutien préventif et de traitements curatifs.
Un réseau neuronal global
Le cerveau humain représente 2% du poids total du corps et 20% des dépenses totales, il fait partie d’un réseau neuronal global divisé principalement en 3 systèmes interconnectés et interdépendants, ayant des relations d’échanges réciproques. Le cerveau représente le système nerveux central, il est relié au système nerveux entérique et au système nerveux du cœur, chacun possède des structures neuronales essentielles au bon fonctionnement de l’ensemble du corps.
Le cœur est composé d’environ 40 000 neurones, qui constituent un système de régulation autonome de son fonctionnement. Les communications cœur/cerveau s’effectuent par des axones vagaux (Columbia University’s Department of Surgery).
“Le système nerveux du cœur, ou « cerveau du cœur », est un vaste réseau de neurones, de neurotransmetteurs et de protéines qui interagit étroitement avec le cerveau et le système nerveux autonome. Ce système permet au cœur de traiter l’information, de prendre des décisions autonomes et de maintenir son rythme de manière adaptative, garantissant ainsi un fonctionnement optimal en réponse aux variations des besoins physiologiques, sans dépendre d’une intervention cérébrale constante.”
Le système nerveux entérique (SNE), le cerveau des intestins, c’est environ 500 millions de neurones qui parcourent tout le tube digestif, il sont reliés au système nerveux central par le nerf vague (Le Journal du CNRS).
“Il régule également les fonctions intestinales (motricité digestive, sécrétion hydroélectrolytique de la muqueuse ou de la circulation sanguine) et contrôle la barrière épithéliale intestinale. Cette dernière fonction est primordiale puisqu’elle permet le passage de nutriments à travers l’intestin tout en empêchant le passage des agents pathogènes ou toxiques dans le corps. De plus, le SNE entretient des relations étroites avec notre système immunitaire puisque le système digestif, en contact direct avec la flore digestive et le microbiote, concentre 70 à 80 % du système immunitaire.”
À la lumière de ces connaissances scientifiques, nous comprenons l’importance des cellules neuronales pour le fonctionnement du corps dans son ensemble, ainsi, un dysfonctionnement, ou une faiblesse, neuronale interne à ces 3 systèmes engendre factuellement des problèmes métaboliques liés à ces derniers.
Notion d’index de capital cérébral
L’enjeu est double, préserver d’une part la bonne santé structurelle du système nerveux dans sa globalité et d’autre part maintenir le bon développement des capacités cognitives et des compétences cérébrales, dans une perspective individuelle et collective à l’échelle mondiale.
C’est ce que représente la notion d’index de capital cérébral introduite récemment.
Une bonne santé cérébrale
Pour préserver sa santé cérébrale, et donc sa clarté mentale, les habitudes préventives connues sont une activité physique régulière, une alimentation saine et équilibrée, un entraînement quotidien (lecture, réflexion, mémorisation), une vigilance du risque cardiovasculaire et le maintien des liens sociaux (engagement social, vie familiale).





